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Budget pour une semaine aux Baléares : ce qui se calcule, et ce qui ne se calcule pas

Par l’équipe Moris Insider·16 septembre 2026·11 min de lecture

« Comptez 1 200 € » : voilà le chiffre que vous trouverez partout, et il ne vous sert à rien. Il additionne deux postes que personne ne peut prévoir — le vol et l'hébergement — avec quatre postes qui, eux, se calculent à l'euro près avant de partir. Nous avons fait ce calcul. Résultat : 330,98 € pour deux adultes et sept nuits, avant le premier billet d'avion et la première nuit d'hôtel. Voici le détail, poste par poste, et les trois pièges de l'été 2026.

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Ce qui se calcule, et ce qui ne se calcule pas

Un budget de vacances se compose de six postes. Deux d'entre eux sont imprévisibles par nature : le vol et l'hébergement. Leur prix dépend de la date d'achat, du jour de la semaine, de l'événement qui se tient ce week-end-là et de dix autres variables qu'aucun article ne peut anticiper. Tout chiffre avancé à leur sujet est une moyenne trompeuse : à une semaine d'écart, un même appartement à Alcúdia peut doubler.

Les quatre autres, en revanche, se calculent exactement, et c'est ce que nous faisons ici : la taxe de séjour, qui est un tarif public ; les repas, dont le prix moyen est relevé chaque année par la profession ; le carburant, dont la moyenne nationale est publiée tous les jours ; et les traversées en ferry entre les îles.

Le résultat tient en une ligne, et c'est le seul chiffre honnête de cet article : pour deux adultes, sept nuits, en catégorie intermédiaire, avec un déjeuner quotidien au restaurant et environ 500 kilomètres de route, ces quatre postes représentent 330,98 €. C'est le socle : ce que la semaine coûte avant même que vous ayez réservé quoi que ce soit.

Une remarque qui vaut pour tout le reste de la page : ce socle est identique sur les quatre îles. La taxe, le prix du carburant et le prix du menu ne changent pas entre Majorque, Minorque, Ibiza et Formentera. Ce qui change d'une île à l'autre, c'est l'hébergement — c'est-à-dire, précisément, le poste que nous ne pouvons pas chiffrer.

La taxe de séjour : le seul poste que vous fixez vous-même

C'est la ligne que les comparateurs n'affichent pas et qu'on découvre à la réception. L'impôt sur le tourisme durable des Baléares se paie par personne et par nuit, et son montant ne dépend ni de l'île ni de la ville : il dépend de la catégorie de l'établissement et de la saison. Autrement dit, vous le fixez vous-même au moment de réserver.

En haute saison, du 1ᵉʳ mai au 31 octobre, comptez par personne et par nuit, TVA de 10 % comprise : environ 1,10 € en hébergement économique ou en camping, 3,30 € en trois ou quatre étoiles, 4,40 € en cinq étoiles. En basse saison, du 1ᵉʳ novembre au 30 avril, ces montants sont divisés par quatre : un cinq étoiles n'y est taxé que 1,10 €.

Pour deux adultes et sept nuits, cela donne 15,40 € en économique, 46,20 € en catégorie intermédiaire, 61,60 € en cinq étoiles. Ce n'est pas la ligne qui ruine un séjour — mais c'est la seule que vous puissiez connaître à l'euro près avant de partir, ce qui en fait un bon point de départ.

Deux réductions méritent d'être connues, parce qu'elles ne sont jamais annoncées. Les moins de 16 ans sont totalement exonérés : une famille de deux adultes et deux enfants paie pour deux personnes. Et à partir du neuvième jour dans le même établissement, le tarif baisse de moitié — ce qui récompense les séjours longs à base unique, et pénalise ceux qui changent d'hôtel en cours de route.

Un supplément de haute saison a été introduit en 2026, mais les sources disponibles se contredisent sur son montant. Nous préférons ne pas avancer un chiffre que nous ne pouvons pas garantir : le calculateur officiel du gouvernement des Baléares est gratuit, public, et donne le montant exact pour votre établissement et vos dates. C'est lui qu'il faut consulter, et lui seul.

Manger : les Baléares servent le menu du jour le plus cher d'Espagne

Voilà le fait que les pages « budget Baléares » ne mentionnent jamais, et c'est pourtant le poste qui creuse vraiment l'écart avec le continent. Selon l'enquête annuelle d'Hostelería de España réalisée avec Edenred, le menu du jour coûte en 2026 14,20 € en moyenne nationale — et 16,00 € aux Baléares. C'est le tarif le plus élevé du pays, devant le Pays basque et la Catalogne. À l'autre extrémité, les Canaries s'en tirent à 13 €.

Les toits de la vieille ville d'Alcúdia à Majorque : tuiles rondes, maisons de pierre serrées les unes contre les autres et un ciel de gros nuages blancs.
Les toits de la vieille ville d'Alcúdia à Majorque : tuiles rondes, maisons de pierre serrées les unes contre les autres et un ciel de gros nuages blancs. Photo : Ryan Hodnett · CC BY-SA 4.0

L'écart paraît modeste — 1,80 € par repas — et c'est justement pour cela qu'il passe inaperçu. Rapporté à un séjour, il cesse de l'être : pour deux adultes prenant un déjeuner par jour pendant sept jours, la note passe de 198,80 € à 224,00 €, soit 25,20 € de plus pour exactement les mêmes repas ailleurs en Espagne.

Trois façons de reprendre la main, sans se priver. La première : déjeuner au menu du jour, dîner au logement. C'est l'usage espagnol, le menu du midi est copieux, et il coûte moitié moins qu'une carte le soir. La deuxième : s'éloigner du front de mer. Dans les villages de l'intérieur — Alcúdia intra-muros, Sineu, Ferreries à Minorque — les mêmes plats se paient au tarif des habitants. La troisième : les marchés couverts, qui existent dans toutes les villes moyennes et où l'on compose un repas pour le prix d'une entrée en terrasse.

Une précision honnête : ce chiffre de 16,00 € est une moyenne régionale, tous établissements confondus. Sur une place touristique d'Ibiza en août, il sera largement dépassé ; dans un bar de village en mai, largement inférieur. Il sert à comparer une région à une autre, pas à prédire votre addition.

Rouler : le plein est modéré, la location ne l'est pas

Commençons par la bonne nouvelle, car elle est rarement dite : le carburant n'est pas plus cher aux Baléares qu'ailleurs en Espagne. À la mi-septembre 2026, la moyenne nationale du sans-plomb 95 se situe autour de 1,87 € le litre, avec des écarts de quelques centimes selon les provinces et les stations.

Traduisons en séjour. Une semaine d'excursions raisonnables, c'est environ 500 kilomètres. À 6,50 litres aux cent, cela fait 32,50 litres, soit 60,78 €. Sur un budget de semaine, c'est une ligne mineure — et c'est pour cela qu'il ne faut pas choisir son logement en fonction d'elle.

Faisons quand même le calcul, parce qu'il éclaire un choix : une journée d'excursion dans l'est de Majorque représente 140 kilomètres aller-retour depuis Palma, contre 66 depuis une base au nord. L'écart, 74 kilomètres, coûte 8,99 € de carburant26,98 € sur trois journées. Autrement dit : le vrai coût d'une base mal placée n'est pas l'essence, c'est le temps. Trois heures de volant en plus dans la semaine, voilà ce que vous payez réellement.

Le poste lourd, c'est la location. Et là, nous allons dire quelque chose que vous ne lirez pas ailleurs : nous n'avons trouvé aucune source sérieuse donnant un prix moyen fiable pour 2026. Les chiffres qui circulent vont de cinq euros par jour en février à des tarifs quatre ou cinq fois supérieurs en août, et une moyenne annuelle ne voudrait rien dire. La seule méthode valable est de comparer aux dates exactes de votre séjour, plusieurs mois à l'avance si vous partez en juillet ou en août. Comparer les loueurs locaux à Majorque, Minorque et Ibiza donne un bon aperçu du marché insulaire, souvent moins cher que les grandes enseignes de l'aéroport. Vérifiez trois points avant de valider : la politique de carburant, le montant de la franchise, et si l'agence est dans l'aéroport ou à dix minutes de navette.

Si vous logez à Palma et que vous ne louez pas de voiture, l'arrivée se règle simplement : la ligne A1 de l'EMT relie l'aéroport à la Plaça d'Espanya pour environ 5 €, toutes les quinze minutes. C'est l'option la moins chère, et elle suffit. Sur un vol qui atterrit très tard ou avec des enfants et des bagages, réserver un transfert privé depuis l'aéroport de Palma coûte davantage mais le chauffeur suit le vol et attend en cas de retard. Attention en revanche à une confusion répandue : la gratuité 2026 des transports publics ne concerne pas les visiteurs. Elle s'applique aux détenteurs de la carte intermodale, c'est-à-dire aux résidents inscrits. Un touriste paie le tarif ordinaire, de 3 à 13,50 € selon la distance sur le réseau interurbain TIB.

Passer d'une île à l'autre : ce que le ferry ajoute vraiment

L'erreur la plus coûteuse d'un séjour aux Baléares n'est pas un mauvais hôtel : c'est de vouloir faire deux îles en une semaine. Regardons le prix réel de cette envie.

Le hall d'embarquement du port d'Alcúdia : les guichets de vente de billets des compagnies de ferry, avec l'affichage lumineux des départs pour Ciutadella.
Le hall d'embarquement du port d'Alcúdia : les guichets de vente de billets des compagnies de ferry, avec l'affichage lumineux des départs pour Ciutadella. Photo : User:Mateus2019 · CC BY-SA 4.0

La traversée la plus courte, Alcúdia – Ciutadella, dure environ une heure et quart, parfois une heure et demie selon le navire. En passager à pied, on trouve des billets à partir d'environ 9 € ; en pratique, sur des dates d'été et selon le type de place, comptez plutôt 25 à 40 € par personne et par trajet. Trois compagnies desservent la ligne. Ces montants sont des ordres de grandeur relevés sur des comparateurs, pas un tarif officiel : seuls les sites des compagnies font foi pour vos dates.

Pour deux personnes, l'aller-retour se situe donc dans une fourchette large, et c'est le premier problème. Le second est plus sérieux : embarquer une voiture change d'ordre de grandeur, au point qu'il est souvent moins cher de rendre la voiture à Majorque et d'en reprendre une à Minorque — à condition de comparer les deux scénarios, ce que personne ne fait.

Le port de Ciutadella à Minorque vu d'en haut : un bassin étroit bordé de barques amarrées, les maisons basses du quai et la route qui longe l'eau.
Le port de Ciutadella à Minorque vu d'en haut : un bassin étroit bordé de barques amarrées, les maisons basses du quai et la route qui longe l'eau. Photo : Américo Toledano · CC BY-SA 4.0

Le troisième coût n'est pas monétaire. Une traversée, c'est une demi-journée de porte à porte : le trajet jusqu'au port, l'enregistrement, la traversée, la sortie du port, la route jusqu'au logement. Sur sept nuits, deux traversées vous prennent une journée pleine et vous obligent à payer deux hébergements différents — donc à perdre la réduction de 50 % sur la taxe de séjour, qui exige de rester dans le même établissement.

Notre conseil, chiffres en main : une île par semaine. Deux îles se justifient à partir de dix nuits, ou si vous êtes déjà venu. Formentera fait exception, puisqu'on y va à la journée depuis Ibiza — mais c'est alors une excursion, pas un changement de base.

Ce que l'été 2026 ajoute à la facture

Trois nouveautés réglementaires pèsent sur un budget 2026, et deux d'entre elles ne coûtent rien si on les anticipe.

La route en épingle à cheveux du cap de Formentor à Majorque : le lacet de bitume au premier plan, les falaises et la mer, et le cap qui s'enfonce dans la brume.
La route en épingle à cheveux du cap de Formentor à Majorque : le lacet de bitume au premier plan, les falaises et la mer, et le cap qui s'enfonce dans la brume. Photo : Twilight Tea · CC BY-SA 3.0

Majorque, le cap de Formentor. La route du cap est interdite aux véhicules privés du 15 mai au 18 octobre 2026, de 10 heures à 22 heures. Ce n'est pas une dépense, c'est une contrainte d'organisation : soit vous partez avant dix heures depuis une base proche — Port de Pollença ou Alcúdia —, soit vous prenez le bus TIB de la ligne 334. Le taxi, lui, transforme une visite gratuite en sortie coûteuse.

Ibiza, le quota de véhicules. Le plafond voté pour 2026 est de 17 668 véhicules par jour. Si vous embarquez votre propre voiture entre le 1ᵉʳ juin et le 30 septembre, il vous faut une autorisation sur la plateforme officielle de l'île et vous payez un euro par jour de séjour. Si vous louez sur place, vous n'avez aucune démarche à faire et rien à payer : le quota est géré par le loueur. Pour un séjour d'une semaine, la différence est donc de sept euros et d'une formalité — mais l'amende, en cas d'entrée non autorisée, se compte en milliers d'euros.

Minorque. Vous lirez que l'île limite les véhicules extérieurs depuis cet été. C'est inexact : le cadre légal a été approuvé en septembre 2026, mais la limitation n'est pas appliquée. Ne budgétez ni autorisation ni redevance pour Minorque cette année.

Un dernier point, qui relève moins de la réglementation locale que du droit européen : si votre vol vers les Baléares est retardé de plus de trois heures, annulé ou surréservé, vous pouvez avoir droit à une indemnisation forfaitaire, indépendante du prix du billet. La démarche est gratuite auprès de la compagnie ; si elle refuse ou ne répond pas, faire étudier son dossier d'indemnisation permet de la confier à un tiers, qui se rémunère sur le résultat. Commencez toujours par la compagnie : quand elle paie, vous touchez la totalité.

Ce qui ne coûte rien, et ce qui coûte beaucoup

Le meilleur des Baléares est gratuit, et c'est la principale raison pour laquelle un séjour serré y reste agréable. Toutes les plages sont publiques — le droit espagnol ne connaît pas la plage privée. Les criques du sud de Minorque, les sentiers du littoral, les villages de l'intérieur, les marchés hebdomadaires : rien de tout cela ne se paie.

Ce qui se paie, en revanche, ce sont les services posés dessus. Un transat et un parasol sur une plage aménagée coûtent, à deux, l'équivalent d'un menu du jour — par jour. Le parking des criques les plus connues est payant en haute saison. Et surtout, la sortie en bateau est de loin la dépense la plus lourde d'un séjour insulaire.

Une crique de Minorque vue depuis la pinède : une dizaine de voiliers et de catamarans au mouillage sur une mer bleu sombre, au pied d'une falaise blanche.
Une crique de Minorque vue depuis la pinède : une dizaine de voiliers et de catamarans au mouillage sur une mer bleu sombre, au pied d'une falaise blanche. Photo : Nicolas Vigier · CC0

Faut-il y renoncer ? Non — mais il faut savoir ce qu'on achète. Une journée en bateau partagé revient, pour deux personnes, à plusieurs fois le socle quotidien calculé plus haut. C'est la dépense « souvenir » du voyage, et elle mérite d'être choisie comme telle : une fois, le bon jour, plutôt que deux fois au hasard de la météo.

Trois économies qui ne coûtent aucun confort, pour finir. Voyager en mai, juin ou octobre : la taxe de séjour est divisée par quatre hors saison, l'hébergement s'effondre, et l'eau reste baignable en octobre. Loger dans un village plutôt que sur le front de mer : à dix minutes de la plage, les mêmes services coûtent le tarif des habitants. Rester dans le même établissement toute la semaine : c'est la condition de la réduction de moitié sur la taxe au-delà du huitième jour, et cela supprime une demi-journée de transfert.

Le récapitulatif, et les deux cases vides

Reprenons, pour deux adultes et sept nuits, ce qui est calculable :

Taxe de séjour, catégorie intermédiaire, haute saison : 46,20 €. Déjeuners, un menu du jour par personne et par jour : 224,00 €. Carburant, 500 kilomètres : 60,78 €. Total : 330,98 €, soit environ 24 € par personne et par jour pour manger, rouler et payer la taxe.

À ce socle s'ajoutent, selon vos choix : les traversées si vous changez d'île, le transfert ou la location de voiture, les dîners pris à l'extérieur, et la ou les sorties en bateau.

Restent les deux cases que nous laissons vides : le vol et l'hébergement. Elles représentent, à elles deux, la plus grande partie du budget — et c'est précisément pour cela que nous refusons d'y écrire un chiffre. Un prix de vol moyen ne dit rien de votre date ; un prix d'hôtel moyen ne dit rien de votre quartier. La seule chose que nous puissions affirmer, parce qu'elle est vérifiable : ces deux postes s'effondrent hors saison, dans des proportions sans commune mesure avec les quelques dizaines d'euros dont nous venons de parler.

Si vous ne deviez retenir qu'une décision de cet article, ce serait celle-là. Ce n'est pas en choisissant un restaurant moins cher que vous ferez baisser le budget d'une semaine aux Baléares : c'est en choisissant la deuxième quinzaine de mai plutôt que la première d'août. Tout le reste est du réglage fin.

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