À Bali, deux voyageurs peuvent passer les mêmes quatorze jours, dans les mêmes endroits, avec un écart de un à cinq sur la note finale. Ce n’est pas une question de chance ni de marchandage : c’est une question de trois ou quatre décisions prises avant de partir. Voici le calcul complet, poste par poste, à partir de prix relevés le 16 août 2026 — en roupies, la monnaie que vous paierez réellement, et convertis une seule fois en euros.
Ce que ce budget compte — et ce qu’il ne compte pas
Trois précautions, avant le moindre chiffre. D’abord, tout est exprimé en roupies indonésiennes, la monnaie que vous sortirez réellement, puis converti une seule fois au cours du 13 août 2026 : 1 € = 20 600 Rp. Un budget écrit d’abord en euros vous fera toujours une mauvaise surprise au distributeur.
Ensuite, le vol international n’y est pas, et c’est délibéré : il dépend de votre ville de départ, de la saison et du moment de la réservation dans des proportions telles qu’une fourchette moyenne n’aiderait personne. Retenez seulement ceci : pour un voyageur économe, le billet d’avion coûte souvent plus que les quatorze jours passés sur place.
Enfin, une honnêteté de méthode. Les prix unitaires ci-dessous sont relevés — un repas de warung, une journée de scooter, un droit d’entrée. Les totaux, eux, sont une construction : la somme de ces prix appliquée à trois façons de voyager. Ce n’est pas un relevé de dépenses réelles, et personne ne devrait vous en présenter un comme tel.
Trois façons de passer quatorze jours
Le tableau se lit par personne, pour deux personnes partageant une chambre — la configuration la plus courante, et celle qui divise par deux le poste le plus lourd.
| Poste (14 jours, par personne) | Routard | Confort moyen | Confortable |
|---|---|---|---|
| Logement (chambre partagée à deux) | 2 100 000 Rp ≈ 102 € | 6 300 000 Rp ≈ 306 € | 15 400 000 Rp ≈ 748 € |
| Repas et boissons | 1 260 000 Rp ≈ 61 € | 3 500 000 Rp ≈ 170 € | 7 000 000 Rp ≈ 340 € |
| Transport sur place | 840 000 Rp ≈ 41 € | 2 100 000 Rp ≈ 102 € | 4 900 000 Rp ≈ 238 € |
| Visites et activités | 800 000 Rp ≈ 39 € | 1 800 000 Rp ≈ 87 € | 3 500 000 Rp ≈ 170 € |
| Traversée aller-retour vers les Nusa | 400 000 Rp ≈ 19 € | 400 000 Rp ≈ 19 € | 400 000 Rp ≈ 19 € |
| Visa à l’arrivée + taxe touristique | 650 000 Rp ≈ 32 € | 650 000 Rp ≈ 32 € | 650 000 Rp ≈ 32 € |
| eSIM, massages, imprévus | 700 000 Rp ≈ 34 € | 1 200 000 Rp ≈ 58 € | 2 500 000 Rp ≈ 121 € |
| Total sur quatorze jours | 6 750 000 Rp ≈ 328 € | 15 950 000 Rp ≈ 774 € | 34 350 000 Rp ≈ 1 667 € |
| Soit par jour | 480 000 Rp ≈ 23 € | 1 140 000 Rp ≈ 55 € | 2 450 000 Rp ≈ 119 € |
L’écart entre la première et la dernière colonne est de un à cinq, et il ne vient pas d’où l’on croit. Ce ne sont ni les visites ni les formalités qui creusent l’écart : ce sont le logement et les repas, qui pèsent à eux deux plus de la moitié de chaque colonne. Tout le reste est du réglage fin.
Le logement : le poste qui décide de tout
Les plateformes affichent Bali en dollars ; ramenés en euros, les ordres de grandeur d’une nuit sont les suivants. Un lit en dortoir : 4 € – 13 €. Une chambre simple en guesthouse ou en petit hôtel : 13 € – 35 €. Un hôtel trois étoiles de milieu de gamme : 43 € – 130 €. Une villa avec piscine privée, l’image d’Épinal de l’île : 69 € – 173 €.
Trois leviers déplacent ces chiffres davantage que le marchandage. Le quartier d’abord : à prestation égale, Ubud et Sanur sont nettement moins chers que Canggu ou Seminyak — nous détaillons ce que chacun donne dans notre guide où loger à Bali. La saison ensuite : juillet, août et les deux semaines de fin d’année se paient au prix fort, tandis que mai, juin, septembre et octobre offrent le même temps sans la cohue, comme le montre notre calendrier mois par mois. La durée enfin : au-delà d’une semaine au même endroit, un tarif mensuel négocié en direct change l’échelle du problème.
Manger : de 1 à 20 dans la même rue
C’est le poste où l’écart est le plus spectaculaire, et le plus facile à piloter. Dans un warung — la cantine de quartier —, un repas complet avec boisson va de 15 000 à 60 000 Rp, soit 1 € à 3 €. Un nasi goreng tourne entre 20 000 et 40 000 Rp, un nasi campur entre 25 000 et 50 000. Dans un restaurant occidental de Canggu ou de Seminyak, le même déjeuner passe à 120 000-250 000 Rp, et un dîner avec du vin dépasse facilement 500 000 Rp à deux.

La leçon n’est pas « mangez uniquement en warung ». Elle est que ce poste se pilote repas par repas, sans jamais renoncer à rien : un déjeuner de warung à 1 € et un dîner de restaurant le soir même donnent une journée à 12 € tout compris — la colonne du milieu du tableau. Deux réflexes qui comptent : l’eau en bonbonne de cinq litres plutôt qu’en bouteilles individuelles, et la vérification du « ++ » sur les cartes des restaurants — taxe et service, souvent 15 à 21 %, ajoutés à l’addition et rarement inclus dans les prix affichés.
Se déplacer : scooter, Grab ou chauffeur
Trois régimes, trois budgets. Le scooter de 110 à 125 cm³ se loue 60 000 à 100 000 Rp la journée (3 € à 5 €), essence en plus mais négligeable. C’est de très loin le moins cher — à condition d’avoir un permis moto valable et une assurance qui couvre le deux-roues, deux points sur lesquels beaucoup de voyageurs découvrent leur situation à l’hôpital.

Les applications Grab et Gojek couvrent le sud et Ubud : environ 15 000 à 25 000 Rp pour cinq kilomètres à moto, 50 000 à 80 000 Rp en voiture. Enfin, le chauffeur privé à la journée — dix à douze heures — coûte 700 000 à 900 000 Rp, essence et stationnement compris. Ne sont pas compris : les droits d’entrée, le péage (environ 13 000 Rp) et le déjeuner du chauffeur, pour lequel l’usage est de prévoir 30 000 à 50 000 Rp. À deux, une journée de chauffeur revient à 19 € par personne : cher au quotidien, très raisonnable pour une grande journée d’excursion.
Sur ce poste, un repère de méthode : le scooter à la journée est presque toujours plus cher que le même scooter à la semaine, et les loueurs de rue affichent rarement le tarif long. Comparer les loueurs de deux-roues avant d’arriver donne un prix de référence — celui qu’on oppose, sur place, au premier tarif annoncé.
Les droits d’entrée, et pourquoi il faut les vérifier à la porte
Voici les tarifs pour un visiteur étranger adulte, relevés le 16 août 2026 : forêt des singes d’Ubud 130 000 Rp · temple d’Uluwatu 60 000 · Tirta Empul 75 000 · rizières de Tegallalang 25 000 à 50 000 · Tanah Lot 75 000 · Besakih 150 000 · cascade de Tegenungan 30 000 · cascade de Sekumpul 150 000 à 250 000 · trek du mont Batur au lever du soleil 215 000.

⚠️ Une mise en garde s’impose, et elle vaut plus que les chiffres eux-mêmes. Ces tarifs ont été modifiés plusieurs fois au cours de 2026, et les listes disponibles se contredisent : d’autres sources annoncent Uluwatu à 150 000 Rp et Tirta Empul à 50 000. Nous avons retenu une source unique pour l’ensemble du tableau plutôt que d’assembler les valeurs les plus flatteuses — mais considérez ces montants comme des ordres de grandeur, et prévoyez large. Ajoutez systématiquement ce que personne n’annonce : le stationnement, la location du sarong quand elle n’est pas incluse, et le guide local quand il est obligatoire.
Une précision qui vaut pour tout ce chapitre : le prix d’une excursion guidée et celui d’une entrée ne se comparent pas directement, parce que la première inclut parfois la seconde et parfois non. Vérifier ce qu’une sortie comprend avant de réserver est plus utile que d’en comparer les tarifs — c’est le contenu qui varie, rarement le prix.
Les deux lignes que tout le monde oublie
La première est administrative et tombe à l’arrivée : le visa à l’arrivée, 500 000 Rp pour trente jours, et la taxe touristique, 150 000 Rp par visiteur étranger. Soit 650 000 Rp — 32 € — que l’on paie avant même d’être sorti de l’aéroport, et qui ne figurent dans aucun comparateur de vols.

La seconde est plus insidieuse : l’argent liquide. Une grande partie de l’île fonctionne encore en espèces, et les distributeurs facturent des frais fixes par retrait, en plus de ceux de votre banque. Retirer de gros montants moins souvent divise mécaniquement cette dépense. Deux réflexes : refuser toujours la conversion proposée par le distributeur (la « conversion dynamique », dont le taux est systématiquement mauvais) et compter ses zéros — entre un billet de 10 000 et un de 100 000, il n’y a qu’un chiffre, et l’erreur se fait toujours dans le même sens.
Ce qui fait vraiment exploser un budget à Bali
Ce ne sont jamais les grands postes, déjà anticipés. Ce sont quatre fuites discrètes. Les clubs de plage du sud, d’abord, où la consommation minimum d’un transat efface une journée entière de budget « moyen ». Les excursions vendues en package ensuite, souvent deux à trois fois le prix des mêmes prestations achetées séparément — un chauffeur à la journée plus les droits d’entrée revient presque toujours moins cher.

Le « ++ » des restaurants, dont on a parlé, qui gonfle chaque addition de 15 à 21 % sans jamais apparaître sur la carte. Et enfin les trajets sous-estimés : un aller-retour Canggu-Uluwatu en voiture consomme une demi-journée et un quart du budget transport journalier, pour une distance qui paraît courte sur une carte. C’est d’ailleurs l’argument le plus solide en faveur de deux ou trois bases plutôt qu’une — le raisonnement complet est dans notre itinéraire de deux semaines.
Dépenser moins sans rien sacrifier
Cinq décisions, prises avant le départ, valent tous les marchandages du monde. Voyager en mai, juin, septembre ou octobre : même météo qu’en août, sans la surcharge de haute saison sur le logement. Loger à Ubud ou à Sanur plutôt qu’à Canggu : le même standard y coûte structurellement moins cher. Rester au moins cinq nuits par base : moins de transferts, et l’accès aux tarifs longue durée. Alterner warung et restaurant plutôt que de choisir un camp. Et louer un scooter à la semaine si vous avez le permis, à la journée sinon.
Appliquées ensemble, ces cinq décisions ramènent la colonne du milieu — 774 € pour quatorze jours — vers 581 €, sans supprimer une seule activité. C’est ce qui distingue un budget serré d’un voyage au rabais : le premier arbitre, le second renonce.
