Deux semaines suffisent largement pour Bali et Lombok — à condition de renoncer tout de suite à la moitié de ce qu’on avait prévu. L’erreur classique n’est pas de mal choisir ses étapes, c’est d’en aligner douze et de passer son voyage en voiture. L’itinéraire ci-dessous en retient huit, dont trois de trois nuits, avec une seule traversée maritime et un seul vol. Chaque durée de trajet indiquée a été vérifiée, y compris celles que les agences arrondissent volontiers vers le bas.
Ce que quatorze jours permettent — et ce qu’ils ne permettent pas
Bali et Lombok sont voisines et n’ont presque rien en commun. La première est hindoue, densément peuplée, organisée pour le voyageur jusque dans ses moindres villages ; la seconde est majoritairement musulmane, bien plus rurale, et l’on y roule une heure sans croiser un café à smoothie. C’est exactement pour cela que l’association fonctionne : le contraste tient lieu de dépaysement, sans un seul vol long-courrier supplémentaire.
Ce que deux semaines ne permettent pas, en revanche : ajouter Nusa Penida, les Gili, le Rinjani, une plongée à Komodo et trois jours de surf à Uluwatu. Chaque déplacement à Bali coûte plus cher en temps qu’il n’y paraît sur une carte — quarante kilomètres de routes secondaires se paient facilement deux heures. La règle qui sauve un itinéraire indonésien est simple : pas plus de six changements d’hébergement en deux semaines, et jamais deux nuits d’affilée dans deux endroits différents.
L’itinéraire en un coup d’œil
Huit étapes, quatorze nuits, une traversée en bateau et un vol de retour depuis Lombok. Les étapes surlignées sont celles de la seconde île.
| Jours | Étape | Nuits | Trajet |
|---|---|---|---|
| 1 | Sud de Bali — Sanur ou Canggu | 1 nuit | 30 à 60 min depuis l’aéroport |
| 2-4 | Ubud, rizières et temples | 3 nuits | 1 h à 2 h 30 de route |
| 5 | Sidemen, l’est rural | 1 nuit | 2 h à 2 h 30 de route |
| 6 | Amed et Tulamben — plongée | 1 nuit | sur place |
| 7-9 | Les îles Gili | 3 nuits | 1 h 30 à 2 h de bateau depuis Padang Bai |
| 10 | Nord de Lombok — Senaru | 1 nuit | 20 min de bateau + 1 h de route |
| 11-12 | Rinjani, ou les cascades du nord | 2 nuits | sur place |
| 13-14 | Kuta Lombok et les plages du sud | 2 nuits | 2 h à 2 h 30 de route |
Deux partis pris méritent d’être explicités. D’abord, l’ordre Bali puis Lombok, et non l’inverse : on arrive presque toujours à Denpasar, et il vaut mieux finir par le sud de Lombok, à trente minutes de l’aéroport de Praya, que rentrer à Denpasar en catastrophe la veille du vol. Ensuite, un aller en bateau et un retour en avion : la traversée fait partie du voyage, la refaire en sens inverse avec des valises et un vol à attraper ne fait plus partie de rien.
Jours 1 à 4 — atterrir, puis Ubud
Ne dormez pas à Ubud le premier soir. L’aéroport de Denpasar est à trente-six à quarante kilomètres de la ville, ce qui représente une heure de route à cinq heures du matin et jusqu’à deux heures et demie un vendredi en fin d’après-midi. Après un vol de nuit, cette route est une punition. Sanur, à trente minutes, ou Canggu, à quarante-cinq, permettent de dormir tôt et de repartir frais le lendemain.
Ubud mérite ensuite trois nuits pleines, pas deux. La ville elle-même se visite en une demi-journée — le marché, le palais, la forêt des singes — mais tout ce qui vaut le déplacement est autour : les terrasses de Tegallalang au nord, la vallée de Sidemen à l’est, les temples de Tirta Empul et Gunung Kawi, et la campagne que l’on traverse à pied par la crête de Campuhan au petit matin.

Une remarque d’horaire qui vaut pour toute l’île : les sites célèbres se visitent avant huit heures ou après seize heures, jamais entre les deux. Tegallalang à midi, c’est une file d’attente pour une balançoire ; Tegallalang à sept heures, c’est un vallon désert dans la brume. Cette seule habitude change davantage un séjour à Bali que le choix de l’hôtel.
Depuis Ubud, la sortie la plus mémorable reste le lever du soleil au mont Batur : départ vers deux heures du matin, deux heures de montée dans le noir, et le soleil qui se lève au-dessus d’une mer de nuages. La condition est un ciel dégagé — en saison des pluies, une sortie sur deux se fait dans la brume. Prévoyez la journée suivante calme : on redescend vers neuf heures, et on ne fait plus grand-chose ensuite.

Une remarque sur la toute première heure : l’aéroport de Denpasar est le seul endroit du séjour où l’on négocie un prix avec ses valises à la main, après un vol de nuit. Réserver le transfert à l’avance ne fait pas gagner de temps de route — il supprime la négociation, ce qui n’est pas la même chose mais compte autant le premier jour.
Jours 5 et 6 — l’est de Bali, et une plongée depuis la plage
L’est de l’île est la partie que les circuits de dix jours sacrifient, et c’est dommage : c’est la plus calme, la moins chère et la mieux placée pour la suite du voyage. Deux options, selon ce que vous cherchez. Sidemen, à une heure d’Ubud, offre des rizières en pente douce sous le mont Agung et à peu près aucune circulation. Amed, deux heures trente à trois heures d’Ubud, est un chapelet de villages de pêcheurs sur la côte nord-est, la partie la plus sèche de Bali, abritée par le volcan.
Amed a un argument que rien d’autre n’égale sur l’île : l’épave de l’USAT Liberty, à Tulamben, se rejoint en palmes depuis le bord de plage, à quelques dizaines de mètres du rivage. Un plongeur débutant, et même un simple nageur avec masque et tuba, y voit une coque de cargo couverte de corail. C’est l’un des rares sites de cette qualité au monde qui ne demande ni bateau ni certification poussée. Si vous ne deviez garder qu’une activité aquatique à Bali, ce serait celle-là.
Jour 7 — la traversée : quel bateau, depuis quel port
Trois façons de passer à Lombok, et elles ne se valent pas.
Le bateau rapide est la solution normale. Depuis Padang Bai, sur la côte est, la traversée vers les Gili prend une heure trente à deux heures, pour un tarif qui commence autour de 400 000 roupies l’aller. Depuis Sanur, dans le sud, comptez plutôt deux heures quinze à trois heures trente : c’est plus long en mer, mais cela évite la route jusqu’à Padang Bai. Depuis Ubud, Padang Bai est à trente-quatre kilomètres, soit une heure à une heure et demie de route — et une correspondance manquée signifie attendre le lendemain.
Le ferry public Padang Bai → Lembar met quatre à cinq heures, part toutes les soixante à quatre-vingt-dix minutes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et coûte une fraction du prix. Il débarque au sud-ouest de Lombok, loin des Gili : c’est le bon choix si vous voyagez avec un véhicule ou si vous visez directement Kuta Lombok, pas si vous allez aux Gili.
L’avion, enfin : Denpasar (DPS) → Praya (LOP) en cinquante minutes environ. C’est ce que nous recommandons pour le retour, pas pour l’aller. Un point mérite d’être dit franchement : la traversée du détroit de Lombok peut être agitée, notamment de décembre à mars, et les bateaux rapides annulent parfois pour cause de mer. Prévoyez une marge entre votre dernière traversée et votre vol international — jamais le même jour.
Un mot sur l’achat du billet : les compagnies de fast boat vendent au guichet, en agence de rue et en ligne, avec des écarts de prix importants pour la même traversée. Comparer les horaires et les tarifs à l’avance sert surtout à vérifier le port de départ exact — c’est lui, et non le prix, qui décide de votre matinée.
Jours 7 à 9 — les Gili, trois îles et zéro moteur
Les trois Gili se ressemblent de loin et pas du tout de près. Gili Trawangan, la plus grande — environ trois cent quarante hectares, un tour à vélo en une heure —, est aussi la plus animée, avec des bars et un vrai choix de restaurants. Gili Air est le compromis : des cafés, des écoles de plongée, mais on s’endort au calme. Gili Meno, la plus petite, n’a presque rien, et c’est précisément son intérêt.
Le point commun des trois est un arrêté local remarquable : aucun véhicule à moteur n’y est autorisé. On se déplace à pied, à vélo, ou en cidomo, la carriole tirée par un cheval. Après dix jours de scooters balinais, le silence est une expérience en soi. Conséquence pratique : prévoyez des bagages que vous pouvez traîner sur un chemin de sable.

Trois nuits sont le bon format : une pour arriver et souffler, une pleine journée de snorkeling ou de plongée — les tortues vertes sont fréquentes autour de Meno et d’Air —, une dernière pour l’île voisine. Les navettes inter-îles fonctionnent plusieurs fois par jour et la traversée dure une vingtaine de minutes.
Jours 10 à 12 — Lombok nord : le Rinjani, ou le plan B qui n’en est pas un
Depuis les Gili, on rejoint le continent au port de Bangsal : vingt minutes de bateau, puis une petite heure de route jusqu’à Senaru, le village de départ des treks du nord. Les bateaux publics de Bangsal partent de huit heures à seize heures trente environ, une fois le bateau plein — arrivez le matin plutôt que l’après-midi.
Le Rinjani, 3 726 mètres, est le sommet du voyage au sens propre. Mais il ne s’improvise pas, et les règles ont changé :
- le parc national ferme chaque année du 1er janvier au 31 mars, décision de l’autorité du parc (TNGR), pour laisser les sentiers se refaire et limiter le risque de glissement en pleine saison des pluies ;
- le permis d’entrée coûte 250 000 roupies par personne et par jour pour un visiteur étranger (arrêté ministériel Permen LHK n°17/2025, en vigueur depuis le 3 novembre 2025) ;
- la réservation passe obligatoirement par la plateforme officielle e-Rinjani, qui délivre un QR code lié au passeport et à l’itinéraire choisi ;
- le trek en solitaire est interdit : guide licencié obligatoire, opérateur enregistré, et une assurance valide exigée à l’enregistrement ;
- de juin à septembre, les quotas se remplissent : réservez un à deux mois à l’avance.

Le format courant est de trois jours et deux nuits depuis Sembalun, avec une nuit sur la crête et le lever du soleil au sommet. Sur un voyage de deux semaines, cela consomme trois jours pleins et une bonne dose d’énergie : c’est un choix, pas une évidence.
Si le parc est fermé, si la météo tourne ou si le trek ne vous tente pas, le nord de Lombok garde de quoi remplir deux jours sans le moindre sentiment de consolation : les cascades de Sendang Gile et Tiu Kelep, au-dessus de Senaru, se rejoignent en une marche courte et humide ; les villages sasak de la région se visitent sans guide ; et les rizières de Tetebatu, sur le versant sud du volcan, offrent le même décor qu’Ubud il y a trente ans, sans la circulation.
Jours 13 et 14 — le sud de Lombok, et le retour
La route de Senaru à Kuta Lombok traverse l’île du nord au sud : comptez deux heures à deux heures trente. Le sud est une succession de baies en fer à cheval — Mawun, Selong Belanak, Tanjung Aan — reliées par une route côtière qui a été refaite ces dernières années et qui se parcourt facilement en scooter.

Kuta Lombok n’a rien à voir avec son homonyme balinais : c’est un village de surf, plus calme, où les plages sont larges et les couchers de soleil sans concurrence. Selong Belanak est la plage d’apprentissage du surf par excellence, avec un fond de sable et des vagues lentes ; Tanjung Aan, avec son sable en grains ronds, est la plus photogénique.
L’argument logistique est décisif : l’aéroport international de Lombok, à Praya, est à dix-huit kilomètres de Kuta, soit une trentaine de minutes. Finir le voyage ici, c’est s’épargner la traversée retour et une nuit d’angoisse à surveiller la météo. On se baigne le matin, on déjeune, et on est à l’enregistrement.
Formalités, budget d’entrée, et trois variantes
Deux lignes à prévoir avant même le premier repas. Le visa à l’arrivée coûte 500 000 roupies indonésiennes pour trente jours, prolongeable une fois ; il se prend en ligne à l’avance sur le portail officiel de l’immigration (evisa.imigrasi.go.id) ou au guichet à l’atterrissage. S’y ajoute la taxe touristique de Bali, 150 000 roupies par visiteur étranger, une fois par séjour et sans exemption d’âge, à régler sur le portail officiel Love Bali (lovebali.baliprov.go.id), qui délivre un QR code à présenter. Payez-la avant de partir : les files du guichet d’arrivée sont longues et les sites imitateurs qui surfacturent sont nombreux. Notez enfin que Nyepi, le Nouvel An balinais, tombe le lundi 8 mars 2027 : ce jour-là l’île entière s’arrête et l’aéroport de Denpasar ferme vingt-quatre heures. Aucun vol, aucun bateau, aucune route.
Trois façons d’adapter ce circuit. En saison des pluies (novembre à mars) : supprimez le Rinjani, qui est fermé de janvier à mars, gardez les Gili — la mer y est souvent belle le matin — et remplacez les longues routes par des étapes plus courtes. Avec des enfants : Sanur plutôt qu’Ubud pour la base balinaise, Gili Air plutôt que Trawangan, et le vol plutôt que le bateau pour rejoindre Lombok. Sans trek et sans plongée : ajoutez deux nuits à Ubud et deux au sud de Lombok, et vous obtenez un voyage nettement plus lent, qui est probablement le meilleur des trois.
