Bali n’a pas quatre saisons, elle en a deux — et l’écart entre elles est bien moins brutal qu’on ne le lit partout. Le mois d’août reçoit 15 mm de pluie ; le mois de janvier en reçoit 350. Entre ces deux extrêmes, la vraie question n’est pas « quand fait-il beau », mais « qu’est-ce que je viens chercher » : des vagues, des rizières vertes, un budget serré, ou des temples sans la foule. Voici les moyennes réelles, mois par mois, et ce qu’elles changent concrètement à un séjour.
Deux saisons, un seul mécanisme
Bali vit à huit degrés sous l’équateur, en régime de mousson. D’avril à octobre, les alizés soufflent du sud-est, secs : c’est la saison sèche, celle des ciels dégagés et de l’humidité supportable. De novembre à mars, le vent bascule au nord-ouest et arrive chargé d’humidité : c’est la saison des pluies. Entre les deux, deux mois de transition — avril et octobre — qui sont, pour beaucoup, les meilleurs de l’année.
Trois précisions valent mieux que la carte postale. D’abord, la température ne bouge presque pas : entre le mois le plus frais et le plus chaud, la moyenne varie de moins de deux degrés. Ensuite, la pluie de saison humide est tropicale — une averse violente d’une heure en fin d’après-midi, pas un crachin qui dure trois jours. Enfin, l’altitude compte davantage que le calendrier : le sud balnéaire, les rizières d’Ubud à 200 mètres et les lacs de Bedugul à 1 200 mètres n’ont ni la même pluviométrie ni la même température, le même jour.
Le mois par mois, chiffres à l’appui
Les moyennes ci-dessous sont celles de Denpasar, dans le sud, là où atterrissent presque tous les visiteurs. Les mois surlignés sont ceux de la saison sèche.
| Mois | Mini / maxi | Pluie | Jours de pluie | Mer |
|---|---|---|---|---|
| Janvier | 24,8 / 30,8 °C | 350 mm | 19 | 29,0 °C |
| Février | 24,8 / 31,0 °C | 280 mm | 18 | 29,0 °C |
| Mars | 24,8 / 31,1 °C | 215 mm | 20 | 29,5 °C |
| Avril | 24,8 / 31,2 °C | 90 mm | 12 | 29,5 °C |
| Mai | 24,5 / 30,7 °C | 75 mm | 8 | 29,0 °C |
| Juin | 24,1 / 29,9 °C | 70 mm | 7 | 28,0 °C |
| Juillet | 23,8 / 29,2 °C | 50 mm | 4 | 27,0 °C |
| Août | 23,5 / 29,2 °C | 15 mm | 3 | 27,0 °C |
| Septembre | 23,6 / 30,1 °C | 40 mm | 3 | 27,0 °C |
| Octobre | 24,4 / 31,1 °C | 90 mm | 6 | 28,0 °C |
| Novembre | 25,0 / 31,7 °C | 150 mm | 10 | 29,5 °C |
| Décembre | 25,1 / 31,0 °C | 290 mm | 16 | 29,5 °C |
Ce que ce tableau dit, et qu’on résume rarement : août est un mois quasiment sans pluie (15 mm, trois jours), janvier est un mois franchement humide (350 mm, dix-neuf jours), et mai, juin, septembre et octobre sont des mois secs qui ne s’appellent pas « haute saison ». La mer, elle, reste entre 27 et 29,5 °C toute l’année : on se baigne sans y penser douze mois sur douze.
La saison sèche (avril → octobre) : ce qu’elle donne vraiment
C’est la saison des grandes journées : dix heures de soleil par jour en juillet et août, l’air moins lourd, les volcans dégagés au réveil. Trois activités en dépendent directement. Le lever du soleil au mont Batur d’abord : on part vers 2 heures du matin pour arriver au sommet à l’aube, et cette marche n’a d’intérêt que par ciel clair — en saison humide, une sortie sur deux se fait dans le nuage. La plongée ensuite, notamment autour de Nusa Penida, où la visibilité est meilleure et où le fameux mola mola, le poisson-lune, remonte en eau peu profonde entre juillet et octobre, porté par des remontées d’eau froide. Le surf de la côte ouest enfin — Uluwatu, Padang Padang, Canggu — qui tourne d’avril à octobre grâce à ces alizés du sud-est qui soufflent de la terre vers la mer.

Deux réserves, rarement dites. La première : ces mêmes remontées d’eau froide qui attirent le poisson-lune peuvent faire tomber la température de l’eau bien en dessous de la moyenne côtière du tableau sur certains sites de Penida, en août et septembre — une combinaison plus épaisse n’est pas un luxe. La seconde : juillet et août sont aussi les mois de pointe touristique absolue, avec les vacances européennes et australiennes. Le sud de l’île — Canggu, Seminyak, Uluwatu — s’embouteille, et une heure de route sur la carte peut en prendre deux.
La saison des pluies (novembre → mars) : moins pénalisante qu’on ne le dit
Elle a mauvaise presse, et c’est en partie injuste. La pluie tombe surtout en fin d’après-midi et la nuit ; les matinées sont souvent belles, et il pleut rarement toute une journée d’affilée. En janvier, le mois le plus arrosé, on compte dix-neuf jours de pluie — pas dix-neuf journées perdues. Les rizières sont d’un vert que la saison sèche ne produit jamais, les cascades du centre coulent à plein, et l’île est nettement moins fréquentée en dehors des fêtes de fin d’année.

Ce qu’il faut accepter en échange : l’humidité, réelle et permanente ; des routes de montagne parfois glissantes ; et surtout, sur la côte ouest, un phénomène saisonnier bien documenté — les déchets rapportés par les courants et les rivières en crue, qui s’échouent sur les plages de Kuta, Legian et Seminyak entre décembre et mars. Les équipes de nettoyage passent chaque matin, mais l’image ne correspond pas à la brochure. Bonne nouvelle en revanche pour les surfeurs : le vent bascule et ce sont les spots de la côte est — Keramas, Nusa Dua, Sanur, Serangan — qui deviennent les meilleurs de l’île. À Bali, il y a toujours une côte qui marche.
Ce qui décide plus que la météo : l’affluence et les prix
Sur douze mois, la météo est un critère faible ; l’affluence en est un fort. Trois régimes cohabitent. La haute saison — juillet, août, et les deux semaines de Noël et du Nouvel An — cumule tarifs hauts, hébergements complets réservés des mois à l’avance et embouteillages au sud. La basse saison — janvier à mars — offre les meilleurs prix, avec les réserves ci-dessus. Et entre les deux, les épaules : mai, juin, septembre et surtout octobre, où l’on obtient du beau temps sans la cohue et à des tarifs raisonnables. Si un seul conseil devait sortir de cet article, ce serait celui-là.
Une remarque de méthode sur la réservation : à Bali, ce qui se réserve tôt n’est pas ce que l’on croit. Les hébergements se trouvent presque toujours ; ce qui manque, ce sont les créneaux d’activité datés en haute saison — plongées à Penida, treks du Batur, cours de cuisine, billets de ferry pour les Gili le week-end. Un séjour d’août se cale autour de ces créneaux ; un séjour de mai s’improvise à peu près.
Le calendrier balinais compte autant que la météo
Une date domine l’année : Nyepi, le Nouvel An balinais, jour de silence absolu. En 2027, il tombe le lundi 8 mars. Pendant vingt-quatre heures, de 6 heures du matin au lendemain 6 heures, l’île entière s’arrête : ni sortie, ni lumière, ni musique, ni circulation — et l’aéroport international Ngurah Rai ferme complètement, cas unique au monde d’un aéroport suspendu chaque année pour un motif religieux. On reste dans son hébergement, où les repas sont assurés. La veille au soir a lieu la parade des ogoh-ogoh, ces grandes effigies de démons promenées puis brûlées : c’est l’une des plus belles soirées de l’année à Bali.

Deux conséquences pratiques. Si votre vol arrive ou repart le jour de Nyepi, il n’aura pas lieu : vérifiez cette date avant de réserver. Et si vous êtes sur place la veille, ne partez pas de l’île ce jour-là — l’expérience vaut le détour. L’autre grand rendez-vous est Galungan, qui célèbre le retour des esprits ancestraux, suivi dix jours plus tard de Kuningan : ils reviennent tous les 210 jours du calendrier pawukon, et non chaque année à date fixe. Les prochaines occurrences tombent le 13 janvier 2027 (Kuningan le 23) puis le 11 août 2027 (Kuningan le 21). Les villages se couvrent alors de penjor, ces hauts bambous courbés ornés de feuilles de palmier : c’est le plus beau moment pour voir Bali chez elle, à condition d’accepter que beaucoup de commerces ferment.
Au-dessus du sud : une autre météo à quarante kilomètres
Le tableau plus haut décrit Denpasar. Montez à Bedugul, Munduk ou Kintamani, entre 1 000 et 1 500 mètres, et tout change : il y fait nettement plus frais — une petite laine le soir n’est pas une coquetterie —, les nuages s’accrochent aux crêtes une bonne partie de la journée, et il pleut davantage, y compris en saison sèche. Le temple d’Ulun Danu Beratan, posé sur son lac, est aussi photogénique sous un ciel gris que sous le soleil ; ne repoussez pas la visite en attendant une éclaircie qui, là-haut, se fait attendre.

À l’inverse, la côte nord-est — Amed, Tulamben — est la partie la plus sèche de l’île, abritée par le mont Agung. Elle reste praticable quand le sud est sous l’averse, et son eau calme en fait le bon plan de la saison humide pour la plongée et le snorkeling. Autrement dit : à Bali, une journée de pluie annoncée dans le sud ne condamne pas la journée, elle la déplace.
Formalités et budget d’entrée, à jour
Deux lignes à prévoir avant même le premier repas. Le visa à l’arrivée d’abord : 500 000 roupies indonésiennes pour trente jours, prolongeable une seule fois de trente jours supplémentaires. Il se paie au guichet à l’atterrissage ou, plus simple, en ligne à l’avance sur le portail officiel de l’immigration indonésienne (evisa.imigrasi.go.id) — depuis juin 2025, toute prolongation exige en revanche un passage en personne au bureau d’immigration. La taxe touristique de Bali ensuite : 150 000 roupies par visiteur étranger, une fois par séjour, sans exemption d’âge. Elle se règle sur le portail officiel Love Bali (lovebali.baliprov.go.id), qui délivre un QR code à présenter à l’arrivée. Payez-la avant de partir : les files du guichet d’arrivée sont longues, et les sites imitateurs qui surfacturent sont nombreux.
Alors, quel mois choisir ?
Si vous venez pour le soleil garanti, les volcans dégagés et le surf de la côte ouest, visez juillet et août — et acceptez la foule et les prix. Si vous voulez le même beau temps sans la cohue, visez mai, juin ou septembre, et surtout octobre, notre recommandation générale : encore sec, déjà calme, tarifs redevenus raisonnables. Si votre critère est le budget, ou si vous cherchez des rizières éclatantes et des cascades pleines, janvier à mars vous donneront le meilleur rapport, à condition de prendre les averses comme elles viennent et d’éviter la côte ouest pour les plages. Et dans tous les cas, regardez d’abord si la date de Nyepi tombe dans votre fenêtre : c’est la seule journée de l’année où Bali ne se visite pas.
