Saison

Quand partir en Andalousie : 36 °C n’est pas un pic de juillet, c’est la moyenne

Par l’équipe Moris Insider·7 septembre 2026·11 min de lecture

« Évitez juillet-août, il fait chaud » : voilà ce qu’on vous dira partout. C’est vrai, et ça ne sert à rien — parce que ça ne dit pas combien, et que ça laisse croire à une canicule qu’on pourrait éviter avec de la chance. Le chiffre officiel est plus clair : à Séville, la maximale moyenne du mois de juillet est de 36,0 °C. Pas un pic. La moyenne des maximales. Une journée ordinaire.

ℹ️ Transparence : cet article ne contient aucun lien partenaire. Il répond à une question de date, pas d’achat — aucun de nos partenaires n’avait sa place ici, et nous préférons vous le dire plutôt que d’en glisser un pour la forme.

Le chiffre qui règle la question

On vous dira « évitez juillet-août ». C’est exact et c’est insuffisant, parce que cela ne dit pas de combien, et parce que cela laisse croire à un accident de canicule. Les valeurs climatologiques normales de l’agence météorologique espagnole, pour la station de Séville Aéroport sur la période 1981-2010, disent les choses autrement : la maximale moyenne du mois de juillet y est de 36,0 °C.

Relisez : moyenne des maximales. Ce n’est pas le record du mois, c’est la journée ordinaire. Ce qui signifie qu’une bonne moitié des journées de juillet dépasse ce chiffre, et que les journées au-delà de 40 degrés n’ont rien d’exceptionnel.

L’année entière, en chiffres officiels

Voici la table complète des mois qui comptent pour un voyage. Elle vaut pour Séville ; Cordoue est légèrement plus chaude, Grenade plus fraîche la nuit, la côte nettement plus tempérée.

Séville Aéroport — normales climatologiques 1981-2010 (agence météorologique espagnole)
MoisMaximale moyenneMoyenneMinimale moyennePluie
Janvier16,0 °C10,9 °C5,7 °C66 mm
Avril23,4 °C17,3 °C11,1 °C54 mm
Mai27,2 °C20,7 °C14,2 °C30 mm
Juillet36,0 °C28,2 °C20,3 °C2 mm
Août35,5 °C27,9 °C20,4 °C5 mm
Septembre31,7 °C25,0 °C18,2 °C27 mm
Octobre26,0 °C20,2 °C14,4 °C68 mm

📌 Une précision que nous tenons à écrire : la page consultée donne ces normales pour la période 1981-2010, et non pour la période 1991-2020 que l’on pourrait supposer. Nous préférons vous donner la période exacte plutôt qu’une décennie flatteuse — c’est le seul chiffre sur lequel repose tout cet article.

Les oliveraies de la province de Jaén à perte de vue sur les collines andalouses
L’intérieur des terres andalouses, ici les oliveraies de Jaén. C’est là que les chiffres montent : loin de la mer, sans relief pour tempérer. Photo : Allie_Caulfield · CC BY 2.0

Les deux fenêtres qui marchent vraiment : mai et octobre

Le tableau les désigne sans ambiguïté. Mai affiche 27,2 °C de maximale moyenne et 30 mm de pluie ; octobre, 26,0 °C et 68 mm. Dans les deux cas, vous marchez toute la journée sans organiser votre visite autour de l’ombre.

Ce sont deux fenêtres différentes, et le choix se fait sur autre chose que la température : en mai, la campagne est encore verte et les jours s’allongent ; en octobre, tout est doré, la mer reste tiède après l’été, et il pleut davantage — 68 mm, soit le niveau de janvier.

Septembre mérite une mention à part : à 31,7 °C de maximale moyenne, il reste chaud, mais il est incomparablement plus praticable que juillet, et la fréquentation retombe dès la deuxième quinzaine.

Les jardins de l’Alcázar de Séville, palmiers et végétation dense, la Giralda au fond
Les jardins de l’Alcázar de Séville. En mai, la maximale moyenne est de 27,2 °C — on visite en marchant, pas en cherchant l’ombre. Photo : Martinvl · CC BY-SA 4.0

Avril : la contrainte que les guides oublient de mentionner

Sur le papier, avril est le mois parfait : 23,4 °C de maximale moyenne, la campagne en fleurs. Dans les faits, il porte une contrainte de calendrier qui peut ruiner un séjour mal préparé.

La Semaine sainte, puis la Feria de Séville, remplissent la ville. Les hébergements se réservent des mois à l’avance, les prix montent nettement, et traverser le centre pendant les processions relève de la patience. Ce n’est pas une raison de fuir — c’est un moment exceptionnel, et beaucoup viennent pour cela.

🟢 Le conseil concret : si vous venez pour ces fêtes, réservez très tôt et acceptez les tarifs. Si vous venez pour les monuments et les rues, décalez-vous de deux semaines : vous garderez le même climat sans la foule ni les prix. ⚠️ Et vérifiez la date : Pâques change chaque année, la Semaine sainte peut tomber fin mars comme mi-avril.

Mai à Cordoue : une raison de venir, pas seulement un climat supportable

Il y a un argument de plus en faveur de mai, et il n’est pas climatique. C’est le mois où les patios de Cordoue s’ouvrent et fleurissent — ces cours intérieures blanches couvertes de géraniums en pots que les habitants font visiter.

C’est aussi une leçon d’architecture utile pour le reste de votre séjour : le patio andalou, comme les jardins de l’Alcázar ou la cour aux orangers de la cathédrale de Séville, est un dispositif contre la chaleur — de l’ombre, de l’eau, de la circulation d’air. Ces lieux restent les meilleurs refuges de la journée, quel que soit le mois où vous venez.

Un patio de Cordoue couvert de géraniums en pots bleus sur les murs blancs, en plein soleil
Un patio de Cordoue. Le mois de mai est celui où ils s’ouvrent et fleurissent : c’est une raison de venir, pas seulement un climat supportable. Photo : Dinkum · CC0

Échapper à la chaleur sans changer de mois ① : l’altitude

C’est la solution que l’on considère le moins, et c’est souvent la meilleure. La chaleur andalouse est un phénomène de vallée : le Guadalquivir, où se trouvent Séville et Cordoue, est une plaine basse qui accumule la chaleur sans que la mer vienne la tempérer.

Quelques centaines de mètres plus haut, tout change. Ronda, Grazalema et les villages de la sierra sont plusieurs degrés en dessous de la vallée, et surtout les nuits y sont réellement fraîches — ce qui compte davantage que le pic de l’après-midi quand il s’agit de dormir.

📌 En pratique, cela autorise un séjour d’été qui tient debout : les villes tôt le matin, la sierra l’après-midi et la nuit.

Ronda perchée au bord de sa gorge, avec la campagne verte et les montagnes derrière
Ronda. Prendre de l’altitude est la façon la plus simple d’échapper à la chaleur sans changer de mois. Photo : Benjamin Smith · CC BY-SA 4.0

Échapper à la chaleur sans changer de mois ② : la bonne côte

Les deux façades de l’Andalousie ne se valent pas du tout en été, et beaucoup de visiteurs le découvrent sur place.

La côte atlantique — Cadix, Tarifa, la Costa de la Luz — est ventée et tempérée par l’océan. Elle est nettement plus respirable que l’intérieur à la même heure, et son vent est une bénédiction en août, même s’il agace parfois sur la plage.

La côte méditerranéenne — Malaga, la Costa del Sol — est plus chaude, moins ventée, et sa mer est plus tiède. C’est une meilleure côte pour se baigner longuement, une moins bonne pour échapper à la chaleur.

La plage de la Caleta à Cadix, les vagues de l’Atlantique et la ville derrière
La Caleta, à Cadix. La côte atlantique est structurellement plus fraîche que l’intérieur, et plus ventée que la Méditerranée. Photo : Benjamin Smith · CC BY-SA 4.0

Si vous venez quand même en juillet ou en août

C’est parfois la seule période possible, et cela se joue à trois décisions.

① Adoptez le rythme local au lieu de lutter contre lui. Sortez tôt — les monuments ouvrent souvent vers neuf heures et les deux premières heures sont les meilleures —, rentrez entre quatorze et dix-huit heures, ressortez le soir, quand les villes andalouses reprennent vie. Ce n’est pas une privation : c’est ainsi que la région vit.

② Choisissez des lieux conçus pour la chaleur. Jardins de l’Alcázar, patios, intérieur de la Mezquita de Cordoue : ombre, eau, courants d’air. Un centre-ville en plein soleil à quinze heures n’est pas une visite, c’est une épreuve.

③ Un point pratique en votre faveur : il ne pleut quasiment pas. 2 mm en moyenne en juillet, 5 mm en août. Vous ne perdrez aucune journée pour cause de météo — le seul paramètre à gérer est la chaleur.

⚠️ Pour situer l’ordre de grandeur des extrêmes : 47,4 °C ont été mesurés à Montoro, dans la province de Cordoue, le 14 août 2021 — l’un des relevés les plus élevés jamais enregistrés en Espagne. Ce n’est pas une journée type, mais cela dit de quoi la vallée du Guadalquivir est capable.

L’hiver, l’option que presque personne ne considère

Pour les villes, c’est la saison la plus sous-estimée d’Andalousie. À Séville, la maximale moyenne de janvier est de 16,0 °C pour une minimale moyenne de 5,7 °C : on visite en veste, sans jamais chercher l’ombre, et les monuments sont vides.

Les contreparties sont honnêtes et il faut les connaître : 66 mm de pluie en janvier — le niveau d’octobre —, des journées courtes, ce n’est pas une saison de plage, et une partie des stations balnéaires tourne au ralenti. En échange, c’est aussi le moment où l’hébergement coûte le moins cher.

En résumé

Si vous ne deviez retenir que quatre choses :

À Séville, 36,0 °C est la maximale MOYENNE de juillet, pas un pic (normales 1981-2010). La chaleur n’est pas un risque, c’est le climat. Les deux vraies fenêtres sont mai (27,2 °C) et octobre (26,0 °C) ; septembre reste chaud mais praticable. Avril est superbe mais chargé : Semaine sainte et Feria remplissent Séville, et la date de Pâques bouge chaque année. On échappe à la chaleur sans changer de mois, en montant en altitude (Ronda, Grazalema) ou en choisissant la côte atlantique plutôt que la méditerranéenne.

Et si vous ne pouvez venir qu’en été : sortez tôt, rentrez à quatorze heures, ressortez le soir. Il ne pleuvra pas — c’est la seule bonne nouvelle du mois de juillet, mais elle est solide.

Moris Insider
Le magazine de voyage Moris Insider : des guides écrits pour être utiles, vérifiés avant d’être publiés.

PartagerXFacebookWhatsApp