Comparatif

Porto ou Lisbonne : en 2026, ce sont vos jambes qui décident

Par l’équipe Moris Insider·1ᵉʳ septembre 2026·11 min de lecture

On vous départagera ces deux villes par l’ambiance : Porto la populaire, Lisbonne la lumineuse. C’est vrai des deux, et depuis vingt ans. En 2026, un fait beaucoup plus concret tranche mieux : quatre des cinq funiculaires historiques de Lisbonne sont à l’arrêt, et la ville des sept collines se monte désormais à pied. Porto, elle, a gardé le sien — mais creuse son métro jusqu’à la fin de l’année. Les deux villes sont diminuées ; pas au même endroit, ni avec les mêmes conséquences.

💶 Transparence : cet article contient des liens partenaires. Si vous réservez par l’un d’eux, nous percevons une commission, sans surcoût pour vous. Cela ne change rien à nos recommandations, et chaque fois qu’une option gratuite ou moins chère existe, elle est citée avant le lien.

Ce que les comparatifs ne disent pas encore

La comparaison habituelle entre les deux villes n’a pas bougé depuis vingt ans : Porto serait plus authentique, Lisbonne plus vivante ; l’une aurait le vin, l’autre la lumière. Tout cela est vrai, et ne départage rien. En 2026, ce qui départage réellement les deux villes est matériel, daté, et absent de la quasi-totalité des articles en ligne.

L’état réel des deux villes en septembre 2026
 LisbonnePorto
Funiculaires et ascenseurs historiques1 sur 5 en service (Graça, 9 h – 17 h)En service toute l’année (Guindais)
Tram historiqueElétrico 28, normalTrams touristiques, normaux
Chantier en coursAucun sur les transports du centreMétro : Linha Rubi jusqu’à fin 2026
Ligne de métro attendueLinha Rosa repoussée au 1er trim. 2027
Taxe de séjour4 € / nuit / personne (max 28 €)3 € / nuit / personne dès 13 ans (max 21 €)
AéroportMétro ligne rouge, directMétro ligne violette, direct
ClimatPlus secNettement plus humide et pluvieux

Une ligne de ce tableau pèse plus lourd que toutes les autres, et c’est la première. Lisbonne est bâtie sur sept collines, et les machines qui les montaient ne fonctionnent plus. Ce n’est pas un détail d’organisation : c’est la nature même de la visite qui change, du matin au soir et tous les jours du séjour.

La cabine jaune de l’Elevador da Glória dans sa rue en pente, photographiée en juin 2025
L’Elevador da Glória en juin 2025, avant l’accident. Il est fermé depuis, et c’est un matériel neuf qui est attendu — en 2029. Photo : Jakub Hałun · CC BY 4.0

Lisbonne : la ville des sept collines n’a plus ses machines

Le 3 septembre 2025, l’Elevador da Glória a déraillé. L’accident a fait seize morts et plus de vingt blessés. Le jour même, la mairie a suspendu par précaution les trois autres installations de la même famille : l’Elevador da Bica, l’Elevador do Lavra et l’ascenseur de Santa Justa.

Un an plus tard, un seul de ces quatre appareils a repris du service. Le funiculaire de Graça a rouvert le 30 avril 2026, avec un horaire réduit — de 9 h à 17 h — et une file prioritaire pour les détenteurs d’un abonnement. Pour les trois autres, les expertises techniques étaient toujours en cours au moment d’écrire ces lignes, sans date de reprise annoncée ; celle de Santa Justa est décrite comme plus avancée que celle du Lavra, sans être achevée. Quant à la Glória, ce n’est pas une réouverture qui est prévue : c’est un matériel entièrement neuf, attendu en 2029. Les anciennes cabines de la Glória et du Lavra sont destinées à devenir des pièces de musée.

⚠️ Vérifiez ce point vous-même avant de partir, parce que les guides en ligne sont faux. Deux d’entre eux, consultés au moment d’écrire cet article, présentaient encore l’Elevador da Glória comme une attraction visitable, dont l’un avec des horaires et un prix de billet pour 2026. Un troisième donnait Santa Justa pour rouvert « en janvier 2026 ». Nous avons pris ces informations dans la presse portugaise et chez les opérateurs, pas dans des guides touristiques.

Ce que cela change, concrètement : la Baixa, le quartier plat de Lisbonne, est cernée de pentes. Pour rejoindre le Bairro Alto, le Chiado, la Graça ou le Castelo depuis le bas, il faut monter. Il reste trois moyens : l’Elétrico 28, qui circule normalement et reste excellent, mais qui est bondé aux heures touristiques et ne dessert pas tout ; les bus urbains, très efficaces et largement ignorés des visiteurs ; et vos jambes. Le belvédère de São Pedro de Alcântara, où la Glória vous déposait en trois minutes, se gagne aujourd’hui par une côte franche.

📌 Ce n’est pas un motif d’annuler Lisbonne — c’est un motif de la préparer autrement. Prévoyez de vraies chaussures, acceptez de prendre le bus, et surtout ne planifiez pas cinq visites par jour aux quatre coins de la ville : ce rythme supposait des ascenseurs qui n’existent plus.

Le belvédère de São Pedro de Alcântara à Lisbonne, sa balustrade et la vue sur la ville basse
Le belvédère de São Pedro de Alcântara. C’est là que la Glória vous déposait ; on y monte maintenant à pied. Photo : Vitor Oliveira from Torres Vedras, PORTUGAL · CC BY-SA 2.0

Porto : le funiculaire marche, le métro creuse

Porto présente le tableau inverse. Sa pente principale — celle qui sépare la Ribeira, au bord du Douro, de la ville haute — est plus raide que la plupart de celles de Lisbonne. Mais le Funicular dos Guindais fonctionne, toute l’année, environ toutes les dix minutes. Il ouvre à 8 h et ferme à 20 h de novembre à mars, à 22 h d’avril à octobre, plus tard les vendredis et samedis. C’est exactement le service que Lisbonne a perdu.

En échange, Porto vit un chantier de métro qui durera encore. La Linha Rosa, qui doit relier São Bento à la Casa da Música en une quinzaine de minutes entièrement sous terre, en passant par l’hôpital de Santo António et la Praça da Galiza, était annoncée pour le premier trimestre 2026 ; l’exploitant a reconnu le retard et vise désormais le premier trimestre 2027. Les travaux de la Linha Rubi, entre la Casa da Música et Santo Ovídio — 6,7 km, huit stations, deux tunnels et un pont neuf sur le Douro réservé au métro, aux piétons et aux vélos — courent jusqu’à la fin 2026.

🟢 Relativisons, parce que c’est une gêne et non un handicap. Le chantier se concentre sur le secteur Casa da Música – Praça da Galiza – Santo António. Le centre historique, la Ribeira, la gare de São Bento, la tour des Clérigos et les caves de Vila Nova de Gaia ne sont pas touchés, et le réseau existant fonctionne normalement, aéroport compris. Vous perdrez quelques minutes de correspondance, pas des journées.

Un mot sur les caves de Gaia, puisque c’est la visite que tout le monde y fait : elles ne se visitent qu’accompagné, la dégustation étant encadrée. Avant d’acheter quoi que ce soit, sachez que la plus belle vue sur la ville est gratuite : elle se prend en marchant sur le tablier supérieur du pont Dom Luís I, ouvert aux piétons, entre le métro et le vide. Si vous voulez ensuite une visite guidée — des caves ou de la vieille ville —, réserver une visite guidée à Porto vous évitera surtout de perdre une demi-journée à comparer des maisons dont vous ne connaissez pas les noms. Ce n’est pas obligatoire ; c’est confortable.

La cabine vitrée du Funicular dos Guindais montant le long de la muraille, à Porto
Le Funicular dos Guindais, à Porto. Il fonctionne toute l’année et fait le travail que la Glória ne fait plus. Photo : Jakub Hałun · CC BY 4.0

Alors, laquelle en premier ?

La bonne réponse ne dépend pas des villes, mais de six éléments de votre voyage. Cherchez la ligne qui vous ressemble : dans la plupart des cas, une seule suffit à trancher.

Ce qui décide, et pourquoi
Votre situationPlutôtPourquoi
Un séjour court, 2 ou 3 joursPortoElle se visite entièrement dans ce format. Lisbonne demande quatre à cinq jours pour ne pas être survolée.
Marcher longtemps vous coûtePortoUne seule vraie pente, et un funiculaire en service pour l’éviter. Lisbonne a perdu quatre appareils sur cinq.
Vous voyagez avec une poussettePortoMême raison, aggravée par les escaliers et les trottoirs pavés étroits de la Baixa lisboète.
Une semaine ou plusLisbonneSintra, Cascais, la côte et Setúbal sont à moins d’une heure. Le rayon d’excursion est bien plus riche.
Vous partez en hiverLisbonnePorto est nettement plus humide et plus pluvieux, pour des températures à peine plus basses.
Vous connaissez déjà une des deuxL’autreElles ne se ressemblent pas assez pour que la seconde visite fasse doublon.

Une nuance honnête sur la deuxième et la troisième ligne : Porto n’est pas une ville plate. La montée depuis la Ribeira est brutale, et certaines ruelles du centre sont pavées et glissantes par temps humide — ce qui arrive souvent. L’avantage de Porto n’est pas l’absence de pente : c’est que sa pente principale est équipée, et que le reste de la ville tient dans un mouchoir.

Un tram jaune de la ligne 28 dans une rue étroite d’Alfama, à Lisbonne
L’Elétrico 28 circule normalement. C’est aujourd’hui le seul transport historique de Lisbonne sur lequel on peut compter. Photo : Ingo Mehling · CC BY-SA 4.0

Si vous faites les deux : Porto d’abord

Beaucoup de voyageurs enchaînent les deux villes, et l’ordre n’est pas indifférent. Commencez par Porto. Trois raisons, dans cet ordre d’importance.

Un. Porto ne survit pas bien à la comparaison quand on l’aborde après Lisbonne : elle paraît petite, et l’on passe deux jours à chercher ce qu’on a déjà vu en plus grand. Dans l’autre sens, Lisbonne ne souffre d’aucun effet de ce genre — elle déploie simplement autre chose. Deux. L’aéroport de Lisbonne concentre bien plus de liaisons : en finir par là, c’est se garder le choix des vols de retour. Trois. Le rythme y gagne : Porto est le format court, Lisbonne le format long, et il est plus agréable de s’installer que de plier bagage.

Entre les deux, prenez le train. L’Alfa Pendular relie les deux villes en un peu moins de deux heures cinquante depuis la fin des travaux entre Gaia et Espinho, pour environ 35,70 € en seconde classe aux tarifs 2026 — de centre à centre, ce que ni la voiture ni l’avion ne font. Deux mises en garde : de nouveaux chantiers sont annoncés sur la Ligne du Nord et peuvent rallonger ce temps, et la ligne à grande vitesse qui doit ramener le trajet autour d’une heure quinze n’est pas attendue avant 2030-2031.

📌 Le jour du transfert est celui qui coince, et c’est là que Lisbonne sans ascenseurs se rappelle à vous : vous arrivez en début d’après-midi avec vos valises, et vous ne pouvez pas encore entrer dans votre logement. Commencez toujours par demander à votre hébergement de garder vos bagages : c’est très courant, et c’est gratuit. Si ce n’est pas possible, déposer ses bagages dans une consigne du centre vous rend la demi-journée — et vous évite surtout de tirer une valise à roulettes dans les côtes d’Alfama, ce qui n’était déjà pas une bonne idée quand les funiculaires marchaient.

Les toits de Porto et la cathédrale vus depuis le sommet de la tour des Clérigos
Porto vue de la tour des Clérigos. Deux cents marches, et aucune machine pour les éviter. Photo : Jakub Hałun · CC BY 4.0

En résumé

Si vous ne deviez retenir que quatre choses de cet article :

Lisbonne a perdu quatre de ses cinq funiculaires et ascenseurs historiques depuis septembre 2025 ; seul celui de Graça a rouvert, en horaire réduit, et la Glória n’est pas attendue avant 2029. La ville se monte à pied, au bus ou en tram 28. Porto a gardé le sien, mais son métro est en chantier jusqu’à fin 2026 autour de la Casa da Música, et la Linha Rosa n’ouvrira qu’en 2027. Pour un séjour court, avec des enfants en bas âge ou si la marche vous coûte, allez à Porto ; pour une semaine ou plus, en hiver, ou pour rayonner vers Sintra et la côte, allez à Lisbonne. Si vous faites les deux, commencez par Porto et finissez par Lisbonne, en train.

Et vérifiez l’état des transports quelques jours avant de partir, sur carris.pt pour Lisbonne et metrodoporto.pt pour Porto. C’est un sujet qui bouge : les dates de cet article sont celles de septembre 2026, et elles étaient déjà fausses dans la moitié des guides que nous avons consultés.

Moris Insider
Le magazine de voyage Moris Insider : des guides écrits pour être utiles, vérifiés avant d’être publiés.

PartagerXFacebookWhatsApp