Guide de local

Que faire Ă  Tenerife : les 25 incontournables, par des locaux

Par l'équipe Moris Insider·9 août 2026·9 min de lecture

Tenerife, c’est une Ăźle de 2 034 kmÂČ oĂč l’on passe d’une plage oĂč l’on se baigne toute l’annĂ©e Ă  un volcan de 3 715 mĂštres — le point culminant de l’Espagne — en moins de deux heures de route. Un parc national lunaire, des falaises culminant Ă  600 mĂštres qui tombent dans l’Atlantique, une forĂȘt de lauriers vieille de millions d’annĂ©es, des villes classĂ©es Ă  l’UNESCO et des baleines visibles toute l’annĂ©e. Le piĂšge du premier sĂ©jour, c’est de rester dans sa station du sud et de croire que l’üle se rĂ©sume Ă  ses complexes hĂŽteliers. Voici les 25 incontournables que nous conseillons vraiment, dans l’ordre oĂč ils se visitent — et tous sont sur les principaux sites de l’üle, avec leur accĂšs et la mĂ©tĂ©o du jour.

Comprendre l’üle avant de la parcourir

Tenerife se lit en deux versants. Le nord, exposĂ© aux alizĂ©s, est vert, humide, agricole : c’est lĂ  que poussent les bananeraies et les vignes, lĂ  que se trouvent les villes historiques. Le sud, Ă  l’abri du relief, est sec et ensoleillĂ© presque toute l’annĂ©e : c’est lĂ  que se concentrent les stations balnĂ©aires. Entre les deux, le Teide fait le temps qu’il veut — il n’est pas rare d’avoir 26 °C Ă  Los Cristianos, un plafond de nuages sur La Orotava et un grand ciel bleu glacial Ă  2 300 mĂštres, le mĂȘme jour.

Ce relief impose une rĂšgle simple : on ne juge jamais la mĂ©tĂ©o de l’üle depuis sa fenĂȘtre d’hĂŽtel. Un jour de calima — cette brume de sable venue du Sahara — se prĂȘte aux musĂ©es et aux villes ; un matin clair au-dessus de la mer de nuages est fait pour le volcan. Notre page Tenerife rĂ©sume les rĂ©gions et ce qu’on y trouve ; l’idĂ©e gĂ©nĂ©rale : dormez oĂč vous voulez, mais traversez l’üle, elle change de visage tous les vingt kilomĂštres.

Le parc national du Teide : cinq incontournables

1. Le tĂ©lĂ©phĂ©rique du Teide. En huit minutes, il hisse de 2 356 Ă  environ 3 555 mĂštres, Ă  la station de La Rambleta, d’oĂč deux belvĂ©dĂšres s’atteignent Ă  pied librement — celui de Pico Viejo regarde le sud-ouest de l’üle et La Gomera. L’altitude se sent vraiment : marchez lentement, et renoncez si vous ĂȘtes cardiaque ou sujet au mal des hauteurs. 2. Le sommet, le vrai. Le cratĂšre du pic — 3 715 mĂštres — ne s’atteint que par le sentier Telesforo Bravo, contingentĂ© : autorisation nominative Ă  rĂ©server Ă  l’avance sur la plateforme officielle, piĂšce d’identitĂ© contrĂŽlĂ©e au dĂ©part. Les crĂ©neaux partent des semaines Ă  l’avance en saison ; anticipez, ou visez le lever du soleil depuis La Rambleta, qui n’exige rien.

3. Les Roques de GarcĂ­a, Ă  quelques minutes du tĂ©lĂ©phĂ©rique, sont ces colonnes de lave sculptĂ©es — dont le fameux Roque Cinchado penchĂ© devant le Teide — autour desquelles tourne un sentier d’environ une heure trente Ă  deux heures, facile et spectaculaire. 4. La caldeira de Las Cañadas elle-mĂȘme : la route qui la traverse est l’une des plus belles d’Espagne, entre coulĂ©es figĂ©es, sables ocre et parois du cirque. ArrĂȘtez-vous, marchez dix minutes hors des parkings, le silence y est minĂ©ral. 5. La nuit Ă©toilĂ©e. Le ciel du parc est protĂ©gĂ© et l’un des plus purs d’Europe — l’observatoire du Teide n’est pas lĂ  par hasard. Restez aprĂšs le coucher du soleil, ou revenez avec une veste chaude : Ă  2 200 mĂštres, la nuit est froide mĂȘme en Ă©tĂ©.

Le volcan a ses humeurs : vent qui ferme le tĂ©lĂ©phĂ©rique, gel sur les sentiers d’altitude, nuages qui montent en fin de matinĂ©e. Avant de faire la route, vĂ©rifiez les conditions du jour zone par zone : monter pour trouver le pic dans le nuage est la dĂ©ception la plus courante de l’üle — et la plus Ă©vitable.

L’ouest : Masca, Los Gigantes, Garachico

6. Les falaises de Los Gigantes. Des murailles de basalte qui plongent de plusieurs centaines de mĂštres dans l’Atlantique — les Guanches les appelaient la « muraille de l’enfer ». On les admire depuis le village, depuis la plage noire de Playa de la Arena, ou mieux, depuis la mer en kayak ou en bateau. 7. Le village de Masca, accrochĂ© Ă  600 mĂštres au-dessus d’un ravin dans le massif de Teno, est le plus spectaculaire de l’üle ; la route qui y mĂšne, Ă©troite et vertigineuse, se mĂ©rite — partez tĂŽt, les cars de tourisme arrivent en milieu de matinĂ©e.

Les falaises de Los Gigantes plongeant dans l’Atlantique, cîte ouest de Tenerife
Los Gigantes : des murailles de basalte de plusieurs centaines de mÚtres, à voir aussi depuis la mer. Photo : Diego Delso · CC BY-SA 3.0

8. Le barranco de Masca. La descente du canyon jusqu’à l’ocĂ©an est l’une des plus belles randonnĂ©es des Canaries — et elle est rĂ©glementĂ©e : rĂ©servation obligatoire sur le site officiel, chaussures de randonnĂ©e exigĂ©es au contrĂŽle, enfants de moins de 8 ans non admis. Beaucoup repartent en bateau vers Los Gigantes, ce qui transforme la randonnĂ©e en boucle inoubliable. 9. Garachico, ancien port principal de l’üle dĂ©truit par l’éruption de 1706, est devenu l’un de ses plus beaux villages : places pavĂ©es, couvents, et les piscines naturelles d’El CaletĂłn creusĂ©es dans la lave — on s’y baigne par mer calme seulement ; quand la houle frappe, le spectacle se regarde depuis le bord. 10. Le drago d’Icod de los Vinos, arbre emblĂšme des Canaries que la lĂ©gende dit millĂ©naire, vaut l’arrĂȘt sur la route du retour.

Cette cĂŽte ouest se savoure en enchaĂźnant les points de vue au bon moment de la journĂ©e. Pour caler l’ordre des Ă©tapes et les temps de route rĂ©els, vĂ©rifiez les temps de route rĂ©els — dans le massif de Teno, les kilomĂštres ne disent rien du temps qu’ils prennent.

Anaga : la forĂȘt d’avant les hommes

11. La laurisilva d’Anaga. À la pointe nord-est, la rĂ©serve de biosphĂšre d’Anaga protĂšge une forĂȘt de lauriers brumeuse, moussue, hĂ©ritĂ©e de l’ùre tertiaire — le paysage qui couvrait le bassin mĂ©diterranĂ©en il y a des millions d’annĂ©es. Les sentiers au dĂ©part de Cruz del Carmen s’enfoncent sous la canopĂ©e entre fougĂšres et troncs tordus ; le sentier de l’EnchantĂ© (El Pijaral) est si demandĂ© qu’il faut une autorisation gratuite en ligne. 12. Taganana et la cĂŽte nord : la descente vers ce hameau entre les crĂȘtes, puis la cĂŽte sauvage de Benijo et ses roques dans la mer, composent l’un des grands paysages de l’üle. 13. Chinamada, hameau troglodyte oĂč les maisons sont creusĂ©es dans la montagne, se rejoint par un sentier en balcon au-dessus de l’ocĂ©an.

La forĂȘt de laurisilva d’Anaga, fougĂšres et troncs moussus dans la lumiĂšre, Tenerife
La laurisilva d’Anaga : une forĂȘt de l’ùre tertiaire, souvent dans la brume des alizĂ©s. Photo : El Raposu · CC BY-SA 4.0

Anaga se mĂ©rite : routes de crĂȘte Ă©troites, brume frĂ©quente, et un contraste saisissant quand on en sort — vingt minutes plus tard, on est au soleil sur le front de mer de Santa Cruz. PrĂ©voyez une demi-journĂ©e pleine, et des chaussures qui acceptent la boue.

Villes historiques et balcons du nord

14. San CristĂłbal de La Laguna, l’ancienne capitale, est classĂ©e au patrimoine mondial de l’UNESCO : son plan en damier a servi de modĂšle aux villes coloniales des AmĂ©riques, et ses rues alignent palais colorĂ©s, patios et couvents — la ville se visite Ă  pied, de prĂ©fĂ©rence en fin de journĂ©e quand les Ă©tudiants la rendent Ă  sa vraie vie. 15. La Orotava, au-dessus de sa vallĂ©e de bananeraies, garde les plus beaux balcons de bois sculptĂ© des Canaries, la Casa de los Balcones en tĂȘte. 16. Puerto de la Cruz, doyenne du tourisme insulaire, mĂȘle port de pĂȘcheurs, jardins et le Lago MartiĂĄnez, ces piscines d’eau de mer dessinĂ©es par CĂ©sar Manrique — l’élĂ©gante rĂ©ponse locale Ă  une cĂŽte trop puissante pour la baignade libre. 17. Santa Cruz et son marchĂ© : la capitale se rĂ©sume trop souvent Ă  une escale shopping ; allez plutĂŽt au marchĂ© Nuestra Señora de África le matin, puis longez le front de mer jusqu’à l’Auditorio.

C’est aussi dans le nord que l’on mange le mieux — on y revient plus bas, guachinches obligent.

Plages : le noir, le doré, et la rÚgle du nord

18. Las Teresitas, au pied du massif d’Anaga, est la carte postale de l’üle : une baie de sable clair importĂ© du Sahara dans les annĂ©es 1970, protĂ©gĂ©e par une digue, familiale et bordĂ©e de palmiers — le contraste avec les montagnes derriĂšre est irrĂ©el. 19. Les plages du sud — El Duque, Las Vistas, Los Cristianos — offrent le confort : sable clair, transats, eau gĂ©nĂ©ralement calme, services partout. C’est la bonne adresse pour les familles et les jours de repos. 20. Benijo, Ă  l’opposĂ© exact : du sable noir, des roques dressĂ©s dans l’ocĂ©an, pas un parasol — l’une des plus belles plages sauvages d’Espagne. Elle n’est pas surveillĂ©e et les courants y sont sĂ©rieux : on s’y baigne prĂšs du bord, par mer calme, ou pas du tout — le coucher de soleil, lui, ne prĂ©sente aucun risque.

La plage de Las Teresitas et sa baie de sable clair vues d’en haut, Tenerife
Las Teresitas : le sable clair du Sahara au pied des montagnes d’Anaga. Photo : Mike Peel · CC BY-SA 4.0

La rĂšgle d’or vaut pour toute la cĂŽte nord : l’Atlantique y est magnifique et puissant. Plages non surveillĂ©es, houle qui monte vite, courants de baĂŻne — renseignez-vous sur l’exposition de la plage et l’état de la mer avant de choisir, plutĂŽt que de vous rabattre sur la plus proche.

L’ocĂ©an : baleines rĂ©sidentes et piscines de lave

21. Les globicĂ©phales du dĂ©troit de La Gomera. Entre Tenerife et La Gomera vit une colonie rĂ©sidente de globicĂ©phales — des baleines-pilotes visibles toute l’annĂ©e, accompagnĂ©es de grands dauphins. La zone est le premier site d’Europe certifiĂ© Whale Heritage Site, et l’observation y est rĂ©glementĂ©e : choisissez un bateau arborant le pavillon officiel « Barco Azul », gage du respect des distances et des temps d’approche ; se mettre Ă  l’eau avec les cĂ©tacĂ©s est interdit. 22. Sous la surface, les fonds volcaniques se prĂȘtent au palmes-masque-tuba et Ă  la plongĂ©e — arches de lave, bancs de poissons-perroquets, raies — surtout sur la cĂŽte ouest, plus abritĂ©e. 23. El MĂ©dano, enfin, est le spot de vent de l’üle : windsurf et kitesurf y tournent presque toute l’annĂ©e sur une grande baie peu profonde, avec la montagne rouge en toile de fond.

Une sortie en mer se choisit selon le vent et la houle du jour, pas selon le jour du calendrier : renseignez-vous sur la houle, le vent et la visibilité du jour, de quoi caler la bonne matinée.

Saveurs canariennes et fĂȘtes

24. Les guachinches. Propres au nord de Tenerife, ces tables ouvertes chez l’habitant Ă  la saison du vin nouveau servent une cuisine familiale — viandes grillĂ©es, papas arrugadas au mojo rojo et verde, fromages frais — accompagnĂ©e du vin de la propriĂ©tĂ©. C’est l’expĂ©rience la plus authentique de l’üle, dans la vallĂ©e de La Orotava ou autour de Tacoronte, berceau des premiers vignobles classĂ©s des Canaries. Cherchez les panneaux Ă  la peinture fraĂźche sur les routes de campagne, ou demandez Ă  votre hĂŽte — un guachinche qui figure dans tous les guides n’en est dĂ©jĂ  plus tout Ă  fait un. 25. Le carnaval de Santa Cruz, rĂ©putĂ© parmi les plus grands du monde, transforme la capitale en fĂȘte continue vers fĂ©vrier-mars : si vos dates coĂŻncident, ne le manquez pas — et rĂ©servez votre logement trĂšs en avance.

RĂ©partissez ces plaisirs sur la semaine plutĂŽt que de les empiler : rĂ©partissez vos envies sur la semaine en tenant compte de la mĂ©tĂ©o prĂ©vue — le volcan le matin clair, les villes le jour de calima, la mer quand le vent tombe.

Le mot du local

Tenerife punit les sĂ©jours immobiles et rĂ©compense ceux qui traversent. Si vous ne retenez que trois choses : montez au volcan le matin, ne tournez jamais le dos Ă  l’ocĂ©an sur la cĂŽte nord, et sortez de la station au moins un jour sur deux — c’est de l’autre cĂŽtĂ© de l’üle que se cachent les souvenirs qui restent.

Moris Insider
Le guide et la carte de Tenerife, co-créés avec des locaux. Les vrais spots, au bon moment, avec la météo du jour.

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