Guide de local

Randonner à Tenerife : les plus beaux sentiers

Par l'équipe Moris Insider·15 septembre 2026·9 min de lecture

Tenerife est célèbre pour ses plages et son carnaval — mais demandez à un habitant ce qui rend son île unique, et il vous parlera de sentiers. En trois quarts d'heure de route, on passe des cactus du sud à une forêt de lauriers noyée de brume, puis à un désert de lave posé à 2 000 mètres au-dessus des nuages. Peu d'endroits en Europe concentrent autant de mondes sur si peu de kilomètres, et le meilleur moyen de les traverser reste la marche. Ce guide rassemble les plus belles randonnées de l'île — d'Anaga au Teide, en passant par Masca et le Barranco del Infierno — avec ce qui a changé récemment : les permis, les quotas et les prix, tous vérifiés à la publication le 15 septembre 2026. Car c'est la rançon du succès : les sentiers les plus célèbres se réservent désormais, parfois des semaines à l'avance.

Une île, quatre étages de paysages

Pour comprendre où marcher, il faut comprendre comment l'île est faite. Les alizés poussent presque toute l'année des nuages contre le versant nord : entre 600 et 1 500 mètres d'altitude environ, ils forment cette fameuse mer de nuages qui arrose la laurisilva, la forêt de lauriers héritée de l'ère tertiaire. Au-dessus, les pinèdes, puis, passé 2 000 mètres, le désert volcanique de la caldeira de Las Cañadas, où plus rien ne pousse que des genêts. Le sud, lui, reste sec et ensoleillé presque en permanence. Conséquence très concrète pour le randonneur : on choisit son sentier selon l'étage et la météo du jour. Un nord bouché n'empêche ni le Teide ni le sud ; une canicule en bas se fuit en altitude ou sous les lauriers. Deux versants, deux climats — c'est la première règle de l'île, et la meilleure assurance de ne jamais rater sa journée.

La mer de nuages des alizés recouvrant les vallées du nord de Tenerife
La mer de nuages : en dessous, le nord est couvert ; au-dessus, plein soleil. Photo : Miguel Ángel Caro Bayo · CC BY-SA 3.0

Anaga : la forêt primitive et le sentier des sentiers

À la pointe nord-est, le massif d'Anaga est la partie la plus ancienne de l'île — et une réserve de biosphère UNESCO. C'est ici que survit la plus belle laurisilva de Tenerife : des lauriers moussus tordus par le vent, des fougères géantes, une brume qui filtre la lumière comme une cathédrale. Le point d'entrée classique est le col de Cruz del Carmen, avec son centre d'accueil : le Sendero de los Sentidos, le « sentier des sens », y déroule trois petites boucles familiales dans la forêt — l'affaire d'une heure, poussette tout-terrain possible sur la première.

La grande classique, c'est le PR-TF 10 : depuis Cruz del Carmen, il descend tous les étages du massif jusqu'à l'océan, via Chinamada et ses maisons-grottes toujours habitées, creusées dans le tuf à environ 600 mètres d'altitude, avant le final spectaculaire : un sentier taillé dans la falaise qui dévale vers Punta del Hidalgo. Comptez une demi-journée, dans le sens de la descente ; en bas, les bus 050 et 105 ramènent vers La Laguna et Santa Cruz. Joyau plus secret, El Pijaral — surnommé le « bois enchanté » — se mérite : l'accès exige un permis gratuit, limité à 45 visiteurs par jour, à réserver sur la plateforme du Cabildo (centralreservas.tenerife.es ou l'appli Tenerife ON). Les créneaux s'ouvrent chaque lundi à 7 h, heure canarienne, pour des dates de 14 à 56 jours à l'avance — et les week-ends partent très vite. Pour préparer la journée entière dans le massif, villages compris, notre guide dédié du parc rural d'Anaga détaille itinéraires et accès.

La forêt de lauriers moussue et brumeuse du parc rural d'Anaga, Tenerife
La laurisilva d'Anaga : une forêt de l'ère tertiaire, à vingt minutes de La Laguna. Photo : El Raposu · CC BY-SA 4.0
Une maison-grotte habitée de Chinamada, hameau troglodytique du parc rural d'Anaga, Tenerife
Chinamada, sur le PR-TF 10 : des maisons-grottes habitées, à 600 mètres au-dessus de l'océan. Photo : Tuxyso · CC BY-SA 3.0

Le Teide : gagner le toit de l'Espagne

À 3 718 mètres, le Teide est le point culminant d'Espagne, et son ascension la randonnée la plus convoitée de l'archipel. Deux écoles. La première prend le téléphérique (42 € l'aller-retour) jusqu'à La Rambleta, à 3 555 mètres. La seconde monte à pied par le sentier PNT-07, depuis le parking de Montaña Blanca sur la TF-21 : environ 1 400 mètres de dénivelé positif le long des « œufs du Teide », ces boules de lave noire posées sur les pentes ocre. Aucun passage technique par beau temps, mais l'altitude ralentit chaque pas, il n'y a pas un arbre d'ombre, et le vent peut couper la journée en deux.

Pour les derniers 163 mètres — le cratère lui-même, par le sentier PNT-10 « Telesforo Bravo » — il faut un permis nominatif. Attention, la règle a changé : le permis sommital, longtemps gratuit, est devenu payant en 2026 — 15 € pour les non-résidents, 6 € pour les résidents des autres îles Canaries, gratuit pour les résidents de Tenerife et les moins de 14 ans. Les places sont lâchées chaque lundi à 7 h (heure canarienne), au plus tôt 56 jours à l'avance, et les créneaux du week-end partent en quelques minutes. Dernier conseil d'expérience : le téléphérique ferme dès que le vent monte — quiconque monte à pied ou en cabine doit être capable de redescendre à pied. Notre guide complet de l'ascension du Teide détaille permis, horaires et variantes.

Un « œuf du Teide », boule de lave noire posée sur les pentes ocre de Montaña Blanca, Tenerife
Sur le PNT-07 : les « œufs du Teide », boules de lave roulées par les éruptions. Photo : Dreizung · CC BY-SA 4.0
L'intérieur du cratère sommital du Teide au lever du soleil, roches ocre et fumerolles, Tenerife
Le cratère sommital au lever du jour : la récompense du permis Telesforo Bravo. Photo : Andys · CC BY 3.0

Masca : la descente mythique, désormais très encadrée

Le barranco de Masca reste la descente la plus célèbre de l'île : 5 kilomètres de gorge entre des parois vertigineuses, du village perché (750 mètres) jusqu'à une crique sur l'Atlantique — environ 4 heures de descente, cotée difficile, sur un sol inégal fait de marches et de blocs. Depuis sa réouverture, tout est réglementé, et c'est tant mieux pour la gorge. La réservation est obligatoire (40,66 € par adulte, gratuit pour les résidents canariens), les départs s'échelonnent de 8 h 30 à 13 h, et la marche se fait en descente uniquement dans la phase actuelle : on ressort en bateau vers Los Gigantes, avec un billet à réserver à part. L'accès au village se fait uniquement par le bus Titsa 355 depuis Santiago del Teide — véhicules privés exclus du dispositif —, et il faut se présenter 30 minutes avant son créneau au centre des visiteurs. Au contrôle, les chaussures de randonnée fermées sont exigées (l'accès est refusé en sandales), un casque est fourni, et le règlement impose un minimum d'1,5 litre d'eau par personne. Les jours d'ouverture varient selon la saison : vérifiez-les au moment de réserver sur la plateforme officielle.

Le Barranco del Infierno et les autres belles surprises

Au-dessus du vieux village d'Adeje, le Barranco del Infierno — le « ravin de l'Enfer », qui porte bien mal son nom — offre la randonnée encadrée la plus accessible du sud : 6,5 kilomètres aller-retour, difficulté modérée, jusqu'à une cascade d'environ 200 mètres au fond d'une réserve naturelle. Là aussi, quota : 300 personnes par jour, réservation en ligne obligatoire (barrancodelinfierno.es), entrées de 8 h à 14 h 30, fermeture du sentier à 18 h. Comptez 15 € par adulte, 7,50 € pour les enfants de 5 à 12 ans — les moins de 5 ans ne sont pas admis —, 5 € pour les résidents canariens. Casque fourni, et un vrai sentiment de canyon à vingt minutes des stations balnéaires.

Trois autres classiques méritent leur place dans un séjour. La boucle du Chinyero, facile et ombragée de pins, fait le tour du volcan de la dernière éruption de l'île (1909), coulées noires contre pinède verte. Le Paisaje Lunar, au-dessus de Vilaflor, aligne ses cheminées de tuf blanc sculptées par l'érosion — un décor d'une autre planète au bord de la caldeira. Et pour une sortie douce en bord d'océan, la Rambla de Castro, près de Los Realejos, serpente entre palmeraies, falaises et un vieux fortin, avec l'Atlantique en contrebas du premier au dernier pas.

Saisons, équipement, bon sens : réussir ses randonnées

On randonne à Tenerife toute l'année — c'est même l'un de ses super-pouvoirs, détaillé dans notre guide quand partir à Tenerife. L'été impose de partir tôt et de viser l'altitude ou la laurisilva, fraîche sous les alizés ; l'hiver peut poser de la neige sur le Teide et fermer temporairement sentiers ou téléphérique — vérifiez l'état du parc la veille. L'équipement tient en une ligne : de vraies chaussures, de l'eau en quantité (trois litres par personne sur le Teide), crème solaire et couvre-chef, et un coupe-vent même en plein août — à 3 700 mètres, l'aube est glaciale quand la plage affiche 28 °C. Gardez toujours un plan B sur l'autre versant : la mer de nuages qui gâche Anaga fait généralement le bonheur de la caldeira. Enfin, respectez les quotas et les réservations — ils protègent exactement ce que vous êtes venu voir. Pour caler ces randonnées dans un séjour complet, notre itinéraire de 7 jours les répartit par secteur, et le guide budget chiffre le reste du voyage.

Moris Insider
Le guide et la carte de Tenerife, co-créés avec des locaux. Les vrais spots, au bon moment, avec la météo du jour.

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